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Publié le 2 Déc 2021
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Quelle est votre fonction au sein de Globecast ?

 

Je suis directrice générale de Globecast Moscow, une société opérant sous licence en Russie. Cette société, qui était essentiellement une start-up, a été lancée en 2006 et a été créée à partir de zéro. Je travaille chez Globecast depuis le tout début, cela fait plus de 20 ans maintenant. J’ai commencé au département commercial et à l’époque, je gérais déjà l’Europe centrale et orientale. En 2006, j’ai déménagé de notre siège parisien pour m’installer en Russie et fonder cette start-up à Moscou. Au départ, j’étais seule, puis nous nous sommes agrandis. L’idée était de développer notre activité en Russie car c’est le plus grand marché de ma région. Depuis Moscou, nous travaillons pour toute la Russie et pour les pays de la CEI, ainsi que plus largement en Europe centrale et orientale. C’est un territoire très vaste avec de très gros marchés !

 

Q : Quelles sont vos responsabilités à ce poste ?

 

Je suis directrice générale, responsable des opérations globales, mais je suis également toujours impliquée au niveau commercial. Je gère certains de nos grands comptes car j’ai une relation historique avec eux. Mes autres missions sont similaires à celles d’un directeur d’exploitation. J’ai une vue d’ensemble de toutes nos activités, puisque je suis impliquée dans les aspects commerciaux et opérationnels, en particulier sur les questions stratégiques. Je dois régulièrement prendre du recul et réfléchir à notre avenir et aux prochaines étapes.

 

Q : Quel impact la pandémie a-t-elle eu sur votre activité ?

 

À bien des égards, l’impact a été le même que dans d’autres parties du monde en matière de télétravail et, en ce qui concerne notre activité, en matière de suivi à distance. Notre équipe basée en Russie n’a eu aucune difficulté à télétravailler et de bien des façons, cela n’a pas bouleversé nos habitudes. Nous collaborons étroitement avec les équipes du Royaume-Uni et de Paris, notamment en matière de liaison montante et de connectivité globale. Le défi était donc plus grand pour eux, un défi que Globecast a relevé haut la main. L’un des aspects essentiels de notre travail consistait à communiquer de façon claire et concise, en interne et en externe, afin que tout le monde, y compris nos clients, connaisse précisément la situation.

 

Q : Actuellement, quelles sont les principales sources de tension sur les marchés que vous desservez ?

 

Ce qui est très clair aujourd’hui, c’est qu’une immense pression pèse sur les coûts et il est important pour nous de travailler en étroite collaboration avec nos clients pour leur offrir la solution la plus rentable possible. Nous ne sommes pas là pour imposer notre volonté ; notre rôle est de comprendre leur activité et de définir des solutions adaptées à leurs besoins spécifiques. La question de la monétisation est essentielle et elle anime les marchés sur lesquels nous travaillons. Bien entendu, cet enjeu n’est pas nouveau, mais il a pris encore plus d’importance en raison du COVID. Cela a eu un impact, c’est certain.

 

Q : Si l’on étudie les tendances technologiques, observez-vous un abandon progressif des services par satellite au profit des services fournis via Internet ?

 

Oui, ces tendances ont commencé il y a quelques années et elles sont en pleine accélération. Mais, comme dans d’autres régions, les grandes entreprises ont encore recours à la distribution par satellite. En Russie, le satellite reste un mode de distribution très important car ce pays, le plus vaste du monde, s’étend sur de nombreux fuseaux horaires. Le satellite demeure très important pour la distribution et restera un élément clé du mix. En ce qui concerne la distribution internationale, nous observons des changements dans l’utilisation des méthodes terrestres. Cela dépend du nombre de filiales et de la stratégie de chaque diffuseur, nous adaptons donc nos offres en conséquence, avec des services segmentés et fiables. Via nos services Connect sur l’Internet public, nous pouvons offrir notre option End-to-End Connect, qui est un service entièrement géré sur l’Internet public. Nos capacités de suivi 24h/24 et 7j/7 sont un facteur clé de différenciation et nous gérons l’intégration des filiales, en leur fournissant la technologie dont elles ont besoin, avec un déploiement mondial possible en quelques semaines seulement. Et bien évidemment, nous utilisons de plus en plus le cloud.

 

Nous sommes en discussion avec les clients de cette région à propos du playout dans le cloud, ainsi que du traitement plus large via le cloud. Nous utilisons déjà le cloud d’autres façons, notamment dans le cadre de notre collaboration avec des fournisseurs OTT, à qui nous fournissons par exemple du contenu sportif via Globecast MCN (Managed Cloud Network), depuis l’événement jusqu’à ces clients en vue de la régionalisation (ils ajoutent des graphiques, des commentaires, etc.). Ils distribuent ensuite ce contenu sur leurs plateformes OTT.

 

Nous pouvons également fournir Open Connect pour la distribution mondiale de chaînes. Grâce à cette option, nous pouvons fournir du contenu partout où il existe une connexion Internet, et cela est réalisable en quelques jours seulement.

 

Nous utilisons End-to-End Connect pour la contribution depuis de nombreuses années. Quand je dis contribution, je parle non seulement de services occasionnels, mais également de contribution point à point du contenu. Nous utilisons aussi notre Globecast Backbone Network (un réseau fibre leader sur le marché), mais plus encore End-to-End Connect. Nous avons parfois recours à une combinaison des deux pour disposer d’une solution de secours. Nous utilisons de plus en plus End-to-End Connect pour la contribution point à point. Nous la déployons également dans le cadre de la reprise après sinistre et pour le suivi hors antenne, une utilisation très fréquente de cette solution.

 

Mais comme je l’ai déjà évoqué, en matière de distribution, choisir la solution la plus adaptée dépend vraiment du nombre de filiales, ainsi que de leur niveau de préparation à recevoir des chaînes terrestres.

 

Q : Par quels moyens les gens regardent-ils généralement des contenus en Russie ?

 

Ils utilisent différents moyens, les grands fournisseurs DTH, comme Tricolor TV, étant en tête du marché. Vient ensuite une grande variété de câblo-opérateurs et de fournisseurs d’IPTV, comme Rostelecom, qui prennent une position de leader sur le marché. Et bien entendu, il existe plusieurs fournisseurs OTT. Les modes de visionnage traditionnels occupent encore une place prépondérante en Russie, mais cela évolue rapidement.

 

Q : Pensez-vous que cette situation va évoluer au cours des trois à cinq prochaines années ? Par exemple, vous attendez-vous à une plus grande utilisation des services OTT en Russie ?

 

Cette utilisation augmente déjà rapidement et va certainement continuer à se développer, mais pour autant, va-t-elle devenir dominante dans la région au cours des prochaines années ? Je pense que ces technologies continueront sans aucun doute à cohabiter pendant un certain temps. Seul l’avenir nous le dira. Cela représente clairement un défi et une opportunité pour les diffuseurs, et nous sommes là pour les accompagner. Nous travaillons déjà dans l’ensemble de l’espace OTT de la région (comme nous le faisons dans le monde entier), et ce, depuis plusieurs années. Nous avons ainsi développé une compréhension solide de ce marché et nous pensons que cette activité continuera de croître. Le contenu est essentiel, quelle que soit la technologie de broadcast employée. Si les consommateurs se mettent à utiliser davantage de services OTT que de services plus traditionnels, et qu’ils paient ces services, alors cela favorisera le changement. Nous devons garder à l’esprit que le passage à la télévision payante n’était pas vraiment une évolution naturelle pour les Russes, car ils étaient habitués à recevoir la télévision gratuitement, et ils ont eu de la difficulté à accepter cette nouveauté. Cependant, l’évolution a bien eu lieu, mais elle s’est faite plus difficilement que sur beaucoup d’autres marchés. De nombreux contenus sont encore disponibles gratuitement, comme le prévoit la loi fédérale.

 

Q : Comment voyez-vous le rôle de Globecast, aujourd’hui et à l’avenir ?

 

Comme je l’ai mentionné auparavant, nous devons plus que jamais comprendre ce qui convient le mieux à chaque client. Nous avons une compréhension approfondie des solutions traditionnelles en matière de contribution et de distribution, sans oublier nos capacités de traitement média et de playout ainsi que nos services OTT, et nous avons également une compréhension fine de ce nouveau monde. Pour nos clients, nous sommes un pont entre ces deux univers : nous pouvons parler la même langue que les broadcasters traditionnels, mais nous parlons également la langue d’Internet. Nous sommes idéalement positionnés sur ces deux mondes. Cela représente une opportunité formidable pour notre société et nos clients.

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